Un jour, tu m'as vue revenir, je marchais, lentement, sérieusement, mais tu nommais mon pas une danse. Tu ne regardais pas mon visage, mais tu suivais le mouvement de mes genoux, le balancement de ma taille, tu lisais sur le sable la forme de mes talons nus, l'empreinte de mes doigts écartés, que tu comparais à celle de cinq perles inégales....
Tu m'as dit : "Poursuis ce papillon...", car tu nommais ma course : danse, mais je n'ai pas dansé.
Lasse, j'ai renoué mes cheveux, et tu les regardais, s'enrouler comme un serpent que charme la flûte....
Je m'en vais toujours plus petite et fardée par le soleil couchant, jusqu'à n'être plus en haut de la pente, toute mince dans ma robe orangée, qu'une flamme droite, qui danse imperceptiblement....
Chaque jour, je m'en vais, vers ma tombe blanche par une danse involontaire. Il y aura donc une dernière danse tragique, que les dieux m'accordent une chute harmonieuse.
Tu me nommes danseuse, et pourtant je ne sais pas si bien danser.....

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